poème

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    Poème sur la bataille de Jemappes

    Poème d’Hector BUSLIN.

    (Cuesmes)

    Sur un sol parsemé de monts et de plaines Avec, ici et là, quelques bosquets touffus L’aube s’était levée, pleine de bruits confus, Faits d’aciers cliquetants, d’ardeurs que l’on freine. D’un côté, mal nourris, en loques, les pieds nus, Par devant Jemappes, les bastions de Flénu Les soldats de l’An deux, pleins de résolution, Ont juré de vaincre, pour la Révolution.

    De l’autre, superbes, bien armés, impeccables Etaient les Autrichiens, rudes et implacables, Qui déjà, ricanaient, sûrs de la victoire Assurant aux Habsbourg, hégémonie et gloire. Avec le jour venu, la voix fut au canon Cette force aveugle, semant ruines et peurs Prélude de l’assaut de troupes en fureur Survenant de Wasmes, Frameries et Quaregnon.

    Et les monts Genestroit, d’Ostenne, du Campiau Ne seront bientôt plus que flammes et fumées Où s’égorgent Wallons, Français et Impériaux Au sabre, au poignard, en d’atroces mêlées. Mais voici que soudain, paraît la déroute, Elle va, elle vient, de forts en redoutes Fixant d’un œil glacé ces valeureux guerriers Dont l’égale audace mérite les lauriers.

    De Saxe et Dumouriez supputent leurs chances, Sera-ce l’Autriche, sera-ce la France Qui sera défaite à l’issue des combats Où des milliers d’hommes connaîtront le trépas. Mais Jemappes sera libre, et française Car voici qu’éclate avec la Marseillaise, La dernière charge, l’hallali suprême Porté par Dampierre, sur les hauts de Cuesmes.