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Edito

Les fêtes des 14 et 15 août 1807 à Jemappes

Comme tous les borains qui se respectent, les jemappiens ont toujours été turbulents, surtout après leurs amples libations dans les nombreux cabarets. (Il y en a eu plus de 200 à une certaine époque).

Par arrêté du 5 nivôse an V, (12 décembre 1805) le maire, Ghislain Joseph Brihay :

« Considérant que le maintien de l’ordre et de la tranquillité publiques, la sûreté des personnes et la conservation des propriétés , exigent qu’il soit pris des mesures pour empêcher, dans cette commune, le port et la décharge d’armes à feu, qui ont eu lieu jusqu’à présent à certaines époques de l’année, nommément la veille et le jour de la nouvelle année, des Rois, pendant le carnaval, etc.

Arrête :

Il est défendu à toute personne de tirer le jour, soit de nuit, sans permission, des fusées, des pétards, coups de fusils ou de pistolet, ni de faire autre chose qui puisse troubler la tranquillité publique. Les pères, mère, maîtres et maîtresses sont civilement responsables des faits de leurs femmes, enfants et domestiques. »

Mais ces mesures de police n’entravent pas le déroulement des fêtes populaires, notamment celles des 15 et 16 août 1807, célébrées en l’honneur de l’empereur, ainsi que du rétablissement de la religion catholique. (Napoléon est né le 15 aout 1769).

« Considérant que les journées des 15 et 16 août de ce mois sont destinées à célébrer la naissance de l’empereur, ainsi que le rétablissement de la religion catholique en France, voulant aussi se conformer aux instructions de M. le Préfet de ce département, …

Arrête les dispositions suivantes :

Le 14 août, à sept heures du soir, et le lendemain à 5 heures du matin, la cloche de l’église de ces lieux sera sonnée pour annoncer la fête.

La publication de la paix aura lieu le 15 à huit heures. Pour donner plus de solennité et d’appareil à cet acte mémorable, les autorités civiles seront invitées à se rendre dans le local de la mairie pour aller, de là, en cortège, à l’église assister à la cérémonie religieuse et au Te Deum qui sera chanté.

Il y aura aussi des parties de jeu de balle et d’arc. Ces jeux commenceront vers trois heures de l’après-midi et finiront au coucher du soleil. Ils se continueront les dimanches et fêtes aux mêmes heures, jusqu’à la décision, sans interruption. Personne ne sera admis à concourir à ces jeux s’il n’est pas inscrit au tableau des habitants de la commune, âgés au mois de 16 ans pour la balle et 14 pour l’arc. Les joueurs à l’un de ces jeux ne pourront concourir au gain des prix de l’autre jeu.

Jeu de balle.

Le tirage au sort pour ce jour aura lieu à la mairie le 15 à trois heures de relevée. Pourquoi les amateurs sont invités à se faire inscrire jeudi 13, depuis 4 heures jusqu’à 6 heures du soir au secrétariat. Les prix à décerner aux vainqueurs consistent en cinq garnitures de boucles d’argent, dont une plus belle est pour celui qui joue le dernier coup. Et en cinq mouchoirs brodés pour la partie concurrente.

Jeu d’arc.

Le tirage à l’arc se fera par peloton, chaque société (confrérie) formera un peloton. On en sus sera composé de tous ceux qui ne sont d’aucune société. Le tirage au sort se fera à la mairie immédiatement après les vêpres. Quiconque sera convaincu de s’être permis de tirer plus d’un seul coup par tour, ne pourra plus concourir.

La perche sera garnie de neuf oiseaux :

1er prix :      une garniture de boucle d’argent

2e prix :       une cafetière d’étain

3e prix :       une théière

4e prix :       un pot de trois pintes

5e prix :       un pot de deux pintes et demie

6e et 7:     quatre assiettes pour chacun

8e et 9:     trois assiettes pour chacun, le tout en étain

 

En cas qu’il s’élève des contestations relativement à l’un ou l’autre de ces jeux, ceux qui y concourent, nommeront cinq personnes à l’effet de terminer tout différent, trois de ces personnes seront choisies par tous les pelotons au bandes respectivement, les deux autres par le principal intéressé. Et en cas de contestations ultérieures, ils pourront être nommés par le maire ou quelqu’un commis par lui.

Ces mêmes jours 15 et 16, les salons de bal, cabarets, etc., pourront rester ouverts pendant toute la nuit.

Pourquoi la cloche de retraite ne sera pas sonnée. »

 

Le 12 août 1807                     Brihaye. (Sic)

jemappes passé présent

 

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