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Quelques bourgmestres de Jemappes

Les archives déposées aux Archives de l’Etat à Mons nous apprennent que la commune de Jemappes n’a pas échappé...

Les archives déposées aux Archives de l’Etat à Mons nous apprennent que la commune de Jemappes n’a pas échappé à la vindicte des révolutionnaires ; c’est ainsi qu’on peut lire dans le relevé des œuvres de Lois qui se trouvaient au « Ferme de Jemappes » dressé par le sieur Merlin, secrétaire :

« Le sceau de la commune (l’aigle bicéphale) a été enlevé par les brigands lors de la dévastation de la mairie, le 20 octobre 1830, suite de la révolution de ladite Belgique et divers autres papiers ont été gaspillés ou perdus (…) Le même sceau a été remis dans le commencement de 1936 ! »

Il semble utile de rappeler ici la bataille de Jemappes (Jemmapes à l'époque) qui s'est engagée le 6 novembre 1792 à 7 heures du matin au son de la Marseillaise et l’occupation française qui s’en est suivie, jusqu’à la non moins célèbre bataille de Waterloo en 1815.

Dès 1793, le Hainaut est attaché à la France et prend le nom de « Département de Jemmape ».

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, fut créé pendant la Révolution française et fut utilisé de 1792 (an I) à 1806 (an XIV), ainsi que brièvement durant la Commune de Paris (1871).

La Révolution ayant fait de la France un État laïque, ce calendrier avait pour but d'effacer de la mémoire des Français le calendrier grégorien, étroitement lié au christianisme, bien que celui-là soit régi suivant une règle de décalogue.

Voici donc, pour commencer, quelques renseignements issus de cette période française.

L’installation des Conseils Municipaux.

Voici ce que stipule l’extrait du registre des arrêtés de la préfecture du 21 vendémiaire an IX (13 octobre 1800) de la jeune République Française dont la devise était alors : « Liberté », « Egalité ».

En exécution de l’article XX de la loi du 28 pluviôse an VIII, concernant la division du territoire de la république et l’administration le Préfet nomme membres du conseil municipal de la commune de Jemmape, les citoyens : Delaunois Nicolas, cultivateur – Biefnot Nicolas, blutier – Urbain Félix, cultivateur – Cornet Jean Baptiste, rentier - Ghislain Henri, fermier – Brihai François – Goffint Jean François, vieux – De Spaudt ( ?) Emmanuël qui sera remplacé peu après par Mage Pierre, brasseur – Richebé Florent et Huppé Louis, Apothicaire.

Lesdits citoyens prêteront serment lors de l’assemblée entre les mains du Maire, qui enverra le procès-verbal au Préfet.

Ils se rassembleront, d’ici au 15 pluviôse prochain, qu’autant qu’ils en obtiendront l’autorisation du Préfet pour quelques affaires extraordinaires ou qu’ils y seraient invités par lui.

Ils entendront et pourront débattre le compte des recettes et dépenses municipales, qui sera rendu par le Maire au Préfet, comme faisant fonction de sous-préfet du 2e arrondissement, lequel l’arrêtera définitivement.

Ils régleront le partage des affouages, pâtures récoltes et fruits communs.

Ils régleront la répartition des travaux nécessaires à l’entretien et aux réparations des propriétés qui sont à la charge des habitants.

Ils délibéreront sur les besoins particuliers et locaux de la municipalité, sur les emprunts, sur les octrois ou contributions en centimes additionnels qui pourront être nécessaires pour subvenir à ces besoins ; sur les procès qu’il conviendra d’intenter ou de soutenir pour l’exercice et la conservation des droits communs.

Le maire du Jemmappe reste chargé de l’exécution (de l’extrait) et de sa notification aux citoyens.

Quelques temps plus tard, les habitants de la commune devenant plus nombreux, il fut impératif d’augmenter le nombre des conseillers communaux. L’extrait du registre du 27 messidor de l’an XI (15 juillet 1803) stipule :

Vu l’article 15 de la Loi du 28 pluviôse, an VIII, ainsi conçu :

Il y aura un conseil municipal dans chaque ville, bourg ou autre lieu pour lequel il existe un agent municipal et un adjoint.

Le nombre de ses membres sera de dix dans les lieux dont la population n’excède pas 2500 habitants ; de vingt dans les lieux où elle n’excède pas 5000 habitants.

Considérant que la commune de Jemmappes par sa population (de deux mille huit cents habitants) a droit au nombre de vingt membres pour son conseil municipal qui n’a été de dix jusqu’aujourd’hui.

Nomme pour compléter ledit conseil conformément à la loi, les citoyens dont les noms suivent :

Charles Beumier - Jacques Henri Mahieu – Constant Delaunois – Joseph Roland – Nicolas Toussaint – Albert Marbaix – Léonard Pilette – Pierre Bouillez – Jean Toussaint Bosseaux – Alexis Caroy.

Dans l’extrait du 4 pluviôse an XII (25 janvier 1804), on retrouve les noms suivants, par tirage au sort opéré en séance du conseil de préfecture :

Richebé Florent, marchand – Goffint Jean François, vieux – Pilette Léonard, vieux - Mage Pierre, vieux – Gérard Ferdinand, fabricant – Cornet Jean Baptiste, rentier – Huppé Apothicaire, rentier – Caroy Aléxis, rentier – Bosseaux Jean Toussaint, rentier – Biefnot Nicolas, blutier.

Il y est dit que « Les citoyens nommés par le présent, exerceront leurs fonctions jusqu’à l’an XX de la République. »

Le 4 février 1806, le Préfet nomme les sieurs : Jacques Joseph Beumier, Antoine Honoré Hennekinne et Nicolas Ortain en remplacement des sieurs Jean François Goffint décédé, Ferdinand Gérard qui a changé de domicile et Ghislain Brihaye appelé à d’autres fonctions.

Le 14 aout 1810, le sieur Ferdinand Biefnot remplace Louis Hupez qui a changé de domicile.

Et nous voici arrivés à la période hollandaise.

Le 30 août 1816, le Gouverneur de la Province du Hainaut, Chevalier de l’Ordre du Lion Belgique, nomme les membres du conseil municipal de la commune, à savoir les sieurs :

Bouilliez Jean Baptiste – Legrand Alexandre – Leureps ( ?) François – Masy Louis (mayeur) – Lemoine Victorien et Grard Toussaint en remplacement des sieurs Beumier Jacques Joseph, Mage Pierre, Mahieu Jacques Antoine, Beumier Charles, Delaunois (tous décédés) et Roland (absent).

En séance du 29 octobre 1818, le Collège des Etats-Députés de la province de Hainaut arrête :

« Sont nommés conseillers communaux du Plat-Pays de la province de Hainaut, pour la commune de Jemmape, District de Mons, les sieurs : »

Richebé Henry – Legrand Alexandre – Bossaux Jean Toussaint – Macart Nicolas – Caroy Alexis – Rifaut Constant – Sapin Jean – Lereps François – Adam Grégoire – Biefnot Nicolas – Delaunois Constant.

Nicolas Biefnot démissionnera le 24 février 1820 et sera remplacé par le sieur Armand Joseph Renard, négociant.

La même année, au mois de décembre, Louis Masy, alors mayeur, est démis de toutes ses fonctions communales pour s’être appropriés illégitimement des biens communaux.

En 1870, on retrouve des noms comme : A. Delaunois (Bourgmestre-Président) R. Descamps et G. Wéry en tant qu’échevins G. Ghislain, E. Hardy, H. Jordan, C. Descamps, JB. Delaunois et A. Danau comme conseillers. JB Capouillez est secrétaire communal.

En 1879, l’administration communale s’étoffe et se structure en sections :

Première section (intérieur): le contentieux, la police, les Beaux-arts, l’état civil et l’instruction primaire, composée par : Aimable Delaunois, Félicien Hélin, Charles Descamps, oscar Goffint, Victor Ducobu.

Deuxième section (travaux publics): la construction et la réparation des bâtiments communaux, la voirie et l’hygiène composée par : Jules Beumier, Hector Wéry, Marcelin Hanneuse, Henri Liénard, Roger Descamps, Augustin Ruelle.

Troisième section (finances) : les budgets, les comptes, les baux, les emprunts et les impôts composée par : Emile Scockart, André François, Henri Liénard, Charles Descamps.

Il est également procédé à la mise en place d’un comité scolaire composé de messieurs Scockart, Danau, Liénard, Ducobu et Louis vanderkelen.

Sautons quelques années, pour nous retrouver en 1888. Le conseil communal était composé comme suit : messieurs Emile Scokart (Bourgmestre-président) Victor Ducobu, Omer Grard, Jean Baptiste Cuisinier, Roger Descamps, Félicien Hélin, Joseph Toussaint, Augustin Ruelle, Augustin Lermusiaux, Alfred Duez, Georges Dubois, Clovis Ghislain.

En 1908, les sections crées en 1879 prendront les noms de : Finances – Travaux Publics – Fêtes – Instruction Publique – Contentieux.

Le conseil est composé de messieurs : Debersé, Capron, Pichel, Devogelaer, Hecquet, François, Dauge, Mathieu, Adant, Grard, Bouilliez, Vanderkelen.

Cette composition est encore d’actualité dans un document de 1912.

Depuis la proclamation de l’Indépendance de la Belgique en 1830, Jemappes a connu quatorze bourgmestres :

  

  • De 1806 à 1817, Ghislain Joseph Brihaye (maire officier d'état civil)
  • De 1818 à 1820, Louis Masy
  • De 1821 à 1829, l'état civil est tenu par Amand Renard

 

  • De 1830 à 1854, Auguste Beumier
  • De 1855 à 1856, A. Cardinal
  • De 1857 à 1867, Auguste. Beumier
  • De 1869 à 1882, Aimable Delaunois (décédé en 1882)
  • De 1884 à 1904, Emile Scokaert
  • De 1904 à 1908, Ch. Descamps
  • De 1908 à 1911 et en 1921 Gustave Debersé
  • De 1912 à 1916
  • De 1916 à 1920
  • De 1921 à 1924, Arthur Durant
  • De 1924 à 1926, Louis Flament
  • De 1926 à 1939, Fernand Pamart
  • De 1939 à 1940, Félix Réghem
  • De 1940 à 1944, J. Brasseur
  • De 1945 à 1953, Félix Réghem
  • De 1953 à 1959, Louis Lévêque
  • De 1959 à 1976, Henri Deruelles

 

Le mayorat de ce dernier a pris fin suite à la fusion des communes.

Jemappes est intégrée à l’entité montoise.

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