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De Waldetrude à Régnier en passant par les Vikings

Il était un roi aimé de son peuple qui s’appelait Dagobert et qui exerçait sa bienfaisante autorité sur le beau pays des Francs, le nôtre, entre les années 629 et 633.

Il était un roi aimé de son peuple qui s’appelait Dagobert et qui exerçait sa bienfaisante autorité sur le beau pays des Francs, le nôtre, entre les années 629 et 633.

Grand lettré et honnête homme, Dagobert attribua la gouvernance de notre région à un noble de ses amis, le comte Walbert, père d’une jeune fille charmante prénommée Waldetrude, née à Cousolre, près de Maubeuge.

Quand elle fut en âge de s’établir, la jeune fille épousa Maldegaire, comte de Famars. De cette union, naquirent quatre enfants.

Ils quittèrent un temps le pays pour l’Irlande où Maldegaire avait été nommé gouverneur par Dagobert 1er. De retour d’Irlande avec une pléiade de religieux dont un certain Feuillien qui deviendra fondateur de la ville du Roeulx.

Au terme de plusieurs années de bonheur, les époux se séparèrent pour se consacrer d’avantage au service de l’Evangile. Maldegaire prit le nom de Vincent et fonda le monastère qui deviendra le berceau de Soignies. Waldetrude, devenue Waudru, prit le voile à Mons. C’était en 656.

Waudru y fonda une communauté de dames pieuses dans l’esprit de l’amour de Dieu et d’une authentique générosité.

A son décès, en 688, la regrettée fondatrice laissa tous ses biens personnels : vastes domaines couvrant les actuelles localités de Jemappes, Quaregnon, Frameries et Nimy.

Les moniales s’appliquèrent consciencieusement à mettre ces terrains en valeur ; A cet effet elles établirent de grandes fermes appelées « curtis » en latin et « courtis » en français. Autours de celles-ci vinrent se grouper les habitations de travailleurs agricoles lesquels, ayant l’esprit religieux, s’empressèrent d’ériger chapelles et églises. Ainsi naquirent les premiers hameaux de notre région.

La partie basse du village était couverte de prairies périodiquement inondées par les crues des deux rivières jumelles, abondantes et capricieuses. D’épais bouquets d’aulnes et de saules ajoutaient leur fraicheur humide à ce paysage austère.

Plus haut, vers le sud, on y voyait des fermes et leurs cultures. On dessinait des tronçons de rues et de sentiers à travers les bosquets, quelques habitations faisaient leur apparition.

Et puis, par-delà, vers Flénu, s’étendait la grande forêt charbonnière.

Ainsi se présentait Jemappes…

Deux siècles passèrent et là, ce fut la catastrophe, c’est-à-dire des invasions, sauvages, ravageuses. Dès l’an 834, des peuplades venues de Scandinavie, les Vikings ou Normands, se ruèrent sur nos régions, remontant les fleuves sur leur drakkars, brûlant et dévastant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Durant quarante ans notre pays fut l’objet de pareilles invasions et bien des années plus tard, on entendait encore retentir dans les églises, cette invocation : « De la fureur des Normands, délivrez-nous Seigneur ».

Les moniales de Sainte-Waudru, ainsi que toute la population, demandèrent protection au comte de l’époque : Régnier 1er, de Hainaut, dit « Régnier au long col ». Ce dernier, descendant de Charlemagne, était auréolé d’un immense prestige et possédait une fortune considérable.

Soucieux de la sécurité du bon peuple, Régnier fit bâtir un château fortifié, citadelle redoutable et facile à défendre. Cependant, le soutien du Comte ne se fit pas sans contrepartie ; prenant argument de l’aide accordée, Régnier imposa sa « protection » et prit le titre d’avoué de Sainte-Waudru.

Son descendant, Régnier V, se fit octroyer la dignité « d’abbé séculier de Sainte-Waudru » avec les prérogatives et les sources de profit qui s’y rattachaient.

Voilà comment notre village, initialement propriété de Waldetrude puis alleu du Chapitre de Sainte-Waudru, devint une terre comtale ayant à sa tête un maïeur dont la charge était héréditaire. Et comme ce magistrat était aussi un petit « Seigneur » Jemappes devint tout naturellement une « Seigneurie » du comté de Hainaut.

 Sources : Maurice Flamecourt

Ouvrage personnel de recherches (non édité)

Ouvrage de référence : M.G. Jouret

« Histoire de Mons et du pays de Mons (les origines)» Imprimerie provinciale

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